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Le Myosotis Savoie Dauphiné

1723 ou 1813 ? Il faut choisir !

18 Mai 2015 , Rédigé par Brutus

La maçonnerie de Tradition respecte évidemment les Constitutions de l'Ordre.

(PS: quand on parle d'Ordre il s'agit de l'Ordre Maçonnique Universel et non de celui d'une obédience qui ne saurait se constituer en un Ordre particulier)

Mais quelles sont-elles au juste ?

1 - Constitutions d'Anderson (1723)

«Un MAÇON est obligé par sa Tenure d'obéir à la Loi morale et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irréligieux. Mais, quoique dans les Temps anciens les Maçons fussent astreints dans chaque pays d'appartenir à la Religion de ce Pays ou de cette Nation, quelle qu'elle fût, il est cependant considéré maintenant comme plus expédient de les soumettre seulement à cette Religion que tous les hommes acceptent, laissant à chacun son opinion particulière, et qui consiste à être des Hommes bons et loyaux ou Hommes d’honneur et de Probité, quelles que soient les Dénominations ou Croyances qui puissent les distinguer; ainsi, la Maçonnerie devient le Centre d'Union et le Moyen de nouer une véritable Amitié parmi des Personnes qui eussent-dû-demeurer-perpétuellement-Eloignées.»

[ *NB :Inspiré par Newton et par son disciple Désagulier (qui tous deux furent unitariens : doctrine réfutant la filiation divine de Jésus mais pas son enseignement) et écrit par Anderson (sous l'étroit contrôle d'un comité mis en place par Désagulier) l'article premier des Constitutions est assez souple pour concilier déistes (qui croient en une divinité créatrice et organisatrice) et théistes (qui croient que dieu à révélé sa volonté aux hommes par son fils -christianisme- ou ses prophètes -judaïsme ou islam)

La rédaction de 1723 évoque expressément:

  • La liberté de conscience (laissant à chacun son opinion particulière)
  • La soumission à une morale universelle c'est à dire "à cette Religion que tous les hommes acceptent qui consiste à être des Hommes bons et loyaux ou Hommes d’honneur et de Probité, quelles que soient les Dénominations ou Croyances qui puissent les distinguer "

PS : le terme "libertin irréligieux" doit être entendu ainsi : un maçon ne peut troubler l'ordre public en voulant détruire les religions. La maçonnerie veut rapprocher et non diviser les consciences. ]

2 - Le texte de 1738 :

(Le texte de 1723 est modifié à l'occasion de la transformation de la Grande Loge de Londres en Grande Loge d'Angleterre).

«Un Maçon est obligé, de par sa tenure, d’observer la Loi morale, en tant que vrai Noachite* ; et s’il comprend bien le métier, il ne sera jamais athée stupide ni libertin irréligieux ni n’agira à l’encontre de sa conscience. Dans les temps anciens, les Maçons chrétiens étaient tenus de se conformer aux coutumes chrétiennes de chaque pays où ils voyageaient ou travaillaient. Mais la Maçonnerie existant dans toutes les nations, même de religions diverses, ils sont maintenant seulement tenus d’adhérer à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord (laissant à chaque Frère ses propres opinions) c’est-à-dire d’être hommes de bien et loyaux, hommes d’honneur et de probité, quels que soient les noms, religions ou confessions qui aident à les distinguer. Car tous s’accordent sur les trois grands articles de Noé, assez pour préserver le ciment de la Loge. Ainsi la Maçonnerie est leur Centre d’union, et l’heureux moyen de concilier des personnes qui autrement n’auraient pu que rester perpétuellement étrangères.»

[ *NB :Les lois noachiques, sont une liste d'impératifs moraux qui auraient été données, d'après la tradition juive, par Dieu à Noé comme une alliance éternelle avec toute l'humanité. Tandis que les Gentils sont encadrés par cette religion, le peuple juif régi par le mosaïsme (la loi de Moïse) est considéré comme le peuple prêtre. Issu directement du judaïsme talmudique, le noachisme s’applique uniquement aux Gentils (les non-Juifs). Cette religion universelle se subdivise commandements : le premier prescrit l’obligation d’avoir des magistrats (pour faire respecter les lois) tandis que les autres lois interdisent : 2) le sacrilège ; 3) le polythéisme ; 4) l’inceste ; 5) l’homicide et 6) l’usage d’un membre d’un animal vivant. ]

3 - Le texte de 1813

(A la fin de la longue scission entre les "Anciens" et les "Moderns", les deux courants se réunifient en formant l'actuelle Grande Loge Unie d'Angleterre qui inclut le texte suivant dans ses nouvelles constitutions).

«Un Maçon est obligé, de par sa tenure, d’obéir à la loi morale et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux. De tous les hommes, il doit le mieux comprendre que Dieu voit autrement que l’homme, car l’homme voit l’apparence extérieure, alors que Dieu voit le cœur. Un Maçon est par conséquent particulièrement astreint à ne jamais agir à l’encontre des commandements de sa conscience. Quelle que soit la religion de l’homme ou sa manière d’adorer, il n’est pas exclu de l’Ordre, pourvu qu’il croie au glorieux Architecte du ciel et de la terre et qu’il pratique les devoirs sacrés de la morale. Les Maçons s’unissent aux hommes vertueux de toutes les croyances dans le lien solide et agréable de l’amour fraternel, on leur apprend à voir les erreurs de l’humanité avec compassion et à s’efforcer, par la pureté de leur propre conduite, de démontrer la haute supériorité de la foi particulière qu’ils professent »

[ *NB :Le texte de 1813, plus libéral que celui de 1738, introduit le concept plus souple de Grand Architecte mais conçoit celui-ci comme compatissant à l'homme (Dieu voit le coeur) ce qui, par une interprétation extensive, (et de notre point de vue abusive) exclurait les déistes et les religions et sagesses asiatiques en induisant une idée de Révélation.

On notera que dans les constitutions de 1813 la référence à la liberté de conscience de 1723 (laissant à chacun son opinion particulière) à été abandonnée.

 

Il revient à chacun de se former son opinion particulière par rapport à ces textes et à se poser cette question :

- Sommes-nous tenus d'approuver le Premier (1723) ou le Dernier (1813) ?

 

Brutus

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