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Le Myosotis Savoie Dauphiné

De la disponibilité des frères à l’enthousiasme

1 Septembre 2015 , Rédigé par Arjuna

Mon Très Cher Frère Lacuson, l’enthousiasme qui anime certaines personnes est sans doute la manifestation la plus tangible de la disponibilité aux autres et à soi-même. La passion dans l’action est souvent confondue avec les passions qui animent l’homme et souvent le déshonorent. Elles sont appréhendées de manière négative. Ainsi, agir passionnément serait suspect. La passion n’est-elle pas la manifestation la plus enthousiaste de l’Amour ?

Beaucoup de gens sont prévenus contre l’enthousiasme. Ce sentiment est souvent confondu avec une sorte de fanatisme ou d’addiction et je crois que c’est une grande erreur. Le fanatisme est une passion exclusive, dont une opinion est l’objet. L’enthousiasme se rallie à l’harmonie universelle : C’est l’amour du Beau et du Vrai, l’élévation de l’âme, la jouissance du dévouement réunis dans un même et seul sentiment lumineux ; comme le suggérait Madame de Staël-Holstein. « Les mots ne traduisent que très vulgairement une réalité enfouie au cœur de l’homme ». Le sens de ce mot chez les Grecs en est la plus élégante et noble définition :

« Enthousiasme » signifie littéralement: « Dieu en nous. »

On peut effectivement penser que quand l’existence de l’homme est expansive, elle recèle quelque chose de Divin. Le Divin animerait le sentiment de faire ce qui est juste, en Force, en Sagesse et en Beauté, de faire son Devoir et l’Enthousiasme « à le faire » serait la forme la plus avancée de l’ expression « Etre en Loge ».

Tout ce qui nous porte à sacrifier notre propre bien-être et notre propre vie est presque toujours de l’enthousiasme ; car le droit chemin de la raison égoïste, avec lequel, par nature, nous sommes prompts à le confondre, revient à se prendre soi-même pour but de tous ses efforts, et par exemple de n’estimer dans ce monde que la santé, l’argent et le pouvoir. A ce niveau de conscience élémentaire sans doute le sens du devoir suffit-il pour conduire le caractère le plus froid et le moins imaginatif dans les sentiers de la vertu ;

« L’Enthousiasme est à la conscience, ce que l’Honneur est au Devoir. »

Nous en connaissons des hommes d’honneur que nous jugeons à l’aune des circonstances, des réputations et parfois même, quand il faut « gratter », dans un recours ultime à leur généalogie glorieuse : « Bon sang ne saurait mentir » comme dit l’autre. On en serait presque à nous oublier, issus de la lignée de Caïn. « Bon sang ne saurait mentir ». « Bon sang ne saurait trahir ». « Bon sang ne saurait meurtrir ». Mon œil !

Cet œil qui nous suit dans la tombe pour nous rappeler l’illusoire de nos certitudes, de nos dogmes et de nos croyances, dans la pesée de notre conscience.

J’aime à penser qu’il y a en nous un superflu d’âme qu’il est doux de consacrer à ce qui est « beau » quand ce qui est « bien » est accompli. Le génie et l’imagination ont besoin qu’on soigne un peu leur bonheur dans ce monde ; et la loi du Devoir quelque sublime qu’elle soit, ne suffit pas pour faire goûter toutes les merveilles du cœur et de la pensée… Elle peut même être traîtresse et conduire les hommes les plus convaincus à l’abîme comme l’Histoire humaine des inconsciences et des lâchetés, toujours jugées légitimes par leurs initiateurs, nous le démontrât à maintes reprises.

L’enthousiasme est une disposition de l’âme, sans doute innée, mais qui peut s’acquérir dans l’acculturation que la vie nous impose au quotidien. Il ne s’agit pas juste d’une posture, mais d’une lame aiguisée pour fendre les résistances archaïques. Elle m’apparaît aujourd’hui comme la plus aboutie des expressions de la transmission et de la tradition : L’enthousiasme à faire le Bien, le Beau, le Juste, au détriment même de ses propres intérêts.

En loge, cette disposition de l’âme a de la force et celui qui la ressent, sait y puiser une noble constance. Les orages des passions s’éloignent, les plaisirs de l’amour-propre s‘évaporent, l’enthousiasme seul est inaltérable. L’âme elle-même s’affaisserait dans l’existence physique, si quelque chose de fier et d’animé ne l’arrachait pas à la vulgaire omniprésence de l’égoïsme.

Cette dignité morale à laquelle rien de saurait porter atteinte, est ce qu’il y a de plus admirable dans le don de l’existence : « C’est pour elle, que dans les épreuves les plus ultimes, il est encore beau d’avoir vécu… Comme il serait beau de mourir. »

Que venez-vous chercher en loge ?

Êtes-vous pourvu de cet enthousiasme, mes frères, qui procure au travail constance et sincérité ?

Arjuna

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