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Le Myosotis Savoie Dauphiné

L'équerre et le masque

9 Juillet 2017 , Rédigé par Diderot

Après avoir lu de nombreux articles sur Guénon et observé ce qui se passe dans le champ maçonnique je me pose quelques questions très simples :
Pourquoi l’idéologie de Guénon plait-elle tellement à certaines institutions maçonniques? 

Pourquoi les thèses « traditionnalistes « de cet auteur, trouvent-elles un écho positif dans certaines Loges au point qu’elles demandent aux apprentis de lire et relire des pages de l’œuvre de Guenon pour méditer comme si l’on avait besoin de gourous ou de maîtres à penser en Franc-Maçonnerie ? 

Comment expliquer l’hubris de certains bigots idiots du Maître ace à des idées baignant dans l’obscurantisme?

Une démonstration du bien fondé de ces questions peut se comprendre quand on lit le dernier article de Louis Trébuchet paru sur le site « Hauts Grades »

« Initiation et exil, 2 Juin 2016 , Rédigé par L.Tr 

Vivre intensément, profondément, patiemment, son aventure initiatique personnelle au sein de sa loge conduit inévitablement, me semble-t-il, à ouvrir son esprit à la compréhension de la Tradition initiatique millénaire, dont la voie maçonnique est héritière. Selon René Guénon, nous en sommes même, avec le compagnonnage, les uniques héritiers en Occident : « C’est un fait que de toutes les organisations à prétention initiatique qui se sont répandues actuellement dans le monde occidental, il n’en est que deux qui, si déchues qu’elles soient l’une et l’autre par suite de l’ignorance et de l’incompréhension de l’immense majorité de leur membres, peuvent revendiquer une origine traditionnelle authentique et une transmission initiatique réelle; ces deux organisations qui d’ailleurs, à vrai dire, n’en furent primitivement qu’une seule, bien qu’à branches multiples, sont le Compagnonnage et la Maçonnerie…Il est trop évident qu’on ne peut transmettre que ce que l’on possède soi-même ; par conséquent il faut nécessairement qu’une organisation soit effectivement dépositaire d’une influence spirituelle pour pouvoir la communiquer aux individus qui se rattachent à elles…»

Dans une étude intitulée "L'erreur fasciste", portant sur les liens entre Tradition ésotérisme et fascisme, l'auteur A. R. Königstein présente ainsi son sujet:
« On vénère aujourd’hui René Guénon, ce Marx de l’ésotérisme, on le cite et on l’encense comme un avant-gardiste caustique qui a marqué la pensée initiatique contemporaine, et a restauré la pensée traditionnelle, métaphysique et spirituelle, en passant au fil de l’épée toutes les valeurs de la modernité. Il est même bienséant aujourd’hui de prendre une posture très “ guénonienne ”, comme on était pompidolien en 70 ou pétainiste en 1940. 

C’est bien vite oublier que Guénon, en restaurant la Tradition contre la modernité, adhère à l’extrême-droite, milite à l’Action Française, signe des brûlots antimaçonniques dans des feuilles ultracatholiques.

D’où cette question : l’engagement initiatique et traditionnel a-t-il pour corollaire l’antidémocratisme et l’opposition à la philosophie des Lumières ? Ou, plus directement, l’ésotérisme mène-t-il nécessairement au fascisme ? »

Pour connaître les réponses de l’auteur à ces questions, lire son exposé en ligne ici.

On ne va pas revenir ici sur le personnage « Guénon » que présente Jean van Win dans son livre « Contre Guenon « et qui affirme que Guénon avait « les adhésions parfois simultanées au catholicisme, à la maçonnerie, au templarisme, au gnosticisme, au soufisme, au bouddhisme, à l’hindouisme et à l’antisémitisme et qui avait des amitiés affichées pour le nazi Julius Evola ».
"Hitler, c’est Guenon plus la Panzerdivisonen" disait Pauwels. "René Guénon ou la réaction intégrale - page 70

Et pour les dévots maçonnique du « Maître » il faut rappeler et que son parcours en institutions maçonnique fut très bref
- Il fréquenta de 1908 à 1911 un groupuscule nommé OTR Ordre du Temple rénové
- Il fréquenta la GLDF de 1911 à 1914

La doxa « Tradition » et l’opposition à la Modernité de Guenon sont parfaitement celle d’un réactionnaire qui s’oppose aux évolutions, aux innovations ou aux changements qui ne découlent pas des principes traditionnels auxquels il est attaché. Adepte de la tradition plutôt que du progrès, le réactionnaire perçoit le présent comme décadent et souhaite alors un retour en arrière vers un passé qu'il idéalise. Le réactionnaire se nourrit d'obscurantisme.

En fonction de sa conception de la Tradition, Guenon affirmait que la maçonnerie spéculative « moderne » n’offrait aucun intérêt à ses yeux car seule la FM opérative des origines avait de la valeur car elle s’appuyait sur la « Tradition primordiale ». Et A. R. Königstein précise à ce sujet :
« Guénon ne reconnaît que la franc-maçonnerie opérative, croyante, catholique mais ésotérique. La maçonnerie spéculative moderne n’est qu’une forme « dégénérée » de ce qui n’a jamais existé que dans son imagination névrosée.»

Bon nombre d’institutions maçonniques obédientielles ou Juridictions de Hauts Grades sont parfaitement « d’ÉQUERRE » avec la pensée guénonienne. 
Or dans ces institutions, la pratique n‘est pas tournée vers le progrès et l’avenir. Leur véritable « mentra » c’est de considérer que la démarche initiatique de leurs membres conduit au mysticisme. Les membres sont invtés à gratter jusqu’à l’os les Évangiles afin d’y trouver les « Vérités » immémoriales ». Il y est enseigné que les sources de la Maçonnerie sont chrétiennes et que l’obédience et le Rite doivent observer la Tradition de la façon la plus pure. 

Point besoin de PHILOSOPHER finalement ni de pratiquer le DOUTE car le Rite, les symboles et les Évangiles apportent toutes les réponses utiles à la démarche initiatique qui consiste à trouver le divin en soi. Les études sur les valeurs de la civilisation présente sont interdites en Loge car considérées comme « politiques » et « collectivistes » par des membres qui sont farouchement individualistes.

La réponse simple aux questions que je me pose est qu’il y une parfaite congruence entre la pensée « guénonienne » et l’idéologie religieuse de certaines institutions maçonniques.

C’est le droit de chacun, comme de chaque association, de choisir ses valeurs de référence y compris traditionalistes et spiritualistes mais il faut éviter de tromper le monde en se définissant comme « HUMANISTE » en prétendant « travailler à l'amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel que sur le plan du bien-être matériel».

On reconnaît un Maçon pas FRANC quant on voit son MASQUE !


“Les masques à la longue collent à la peau. L'hypocrisie finit par être de bonne foi.” De Edmond et Jules de Goncourt / Idées et sensations

 
L'équerre et le masque

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